28 octobre 2009
Incompatibilités chimiques
Une problématique qui me tracasse en ce moment... Pour nos cosmétiques mais aussi bien entendu pour nos produits d'entretien que nous sommes nombreuses à fabriquer.
En attendant d'autres informations, je porte à votre connaissance un tableau trouvé sur le site officiel de l'Education et de la Formation professionnelle du Manitoba.
Il provient d'un document concernant la sécurité en Sciences de la nature.

Il s'y trouve des corps simples comme l'urée ou l'huile de lin qui semblent bien réactifs...
Je ne sais pas comment mettre en lumière ces incompatibilités de manière plus fine.
De la même manière, je m'interroge non pas sur la dangerosité mais sur l'efficacité de certains mélanges dont on peut observer la réaction lors de la confection de nos produits...
Quand on ajoute bicarbonate ET acide citrique plus un composant aqueux, que reste-t-il comme produit efficace après la réaction d'effervescence ? (ingrédients rencontrés dans les formules de déos maison)
Un dernier lien utile issu du site de l'Académie de Rennes, il liste et décrypte les pictogrammes ainsi que les phases de risques figurant sur les étiquettes des produits chimiques : Voir ici.
Un sujet que je ne fais là qu'effleurer je crois...
Source de l'image : savant fou

12 décembre 2008
Huiles essentielles et photosensibilisation 1 : généralités
Une reprise d'anciens articles parce que ce sujet est toujours d'actualité, particulièrement au moment des fêtes où les senteurs d'agrumes sont de saison dans nos petits produits maison...
La photo-sensibilisation produit sur la peau diverses réactions cutanées dont des tâches pigmentées plus ou moins foncées très difficiles ensuite à faire partir. On observe également d'autres type de réaction liées à la lumière comme des dermites par exemple lors de contact dans la nature avec certaines plantes lorsqu'on s'assied dans l'herbe lors d'un pique-nique. Ils s'agit alors de photo-allergie, la photosensibilisation (appelée aussi phototoxicité) concerne tous les monde, la photo-allergie concerne uniquement les personnes prédisposées.
L'huile essentielle de bergamote serait également photo-carcinogène, la conjonction entre huile de bergamote et UV serait susceptible de déclencher des cancers de la peau.
Le temps nécessaire pour "évacuer" le risque est assez mal déterminé dans la littérature que j'ai consulté, il varie de 6 à 24 heures... Je pense qu'il est à mettre en lien avec la luminosité à laquelle on s'exposera ensuite. Prudence particulière donc lorsqu'on va ensuite se faire bronzer à la plage ou pire sous UV "artificiels". Prudence également à cette saison si on fréquentes les pistes de skis et les champs de neige.
Donc d'abord un point général sur les huiles essentielles et absolues présentant des risques de photo-sensibilisation posté dans l'article sur les précautions générales liées aux HE dans mon ancien blog ICI .
Les huiles essentielles photosensibilisantes sont celles qui contiennent des furocoumarines et/ou des psoralènes, ainsi que de l'anthranilate de methyl (indications non-exhaustives) :
Huiles essentielles de la famille des Citrus (Rutacées) extraites des zestes :
Orange amère (Citrus aurantium ssp aurantium op zeste), oranger doux
(Citrus sinensis op zeste), mandarinier (Citrus reticulata blanco var.
mandarine op zeste), bergamote (Citrus aurantium ssp bergamia op
zeste), limette ou citron vert (Citrus limetta op zeste), pamplemousse (Citrus
paradisii op zeste), cédrat (Citrus medica), combawa (Citrus hystrix), tangerine, etc...
Huile essentielle de petitgrain mandarine (Citrus reticulata op feuille) : Voir article spécifique.

Autres HE : khella (Ammni visnaga), angélique graines (Angelica
archangelica op graines), céleri (Apium graveolens), verveine (Lippia
citriodora), carvi (carum carvi) 1., cumin (Cuminum cyminum) 2. ,
tagète (oeillet d'Inde), rue (Ruta graveolens)
Egalement : tilleul (a priori existe uniquement sous la forme d'absolue)
Liste non exhaustive !!!! Ne pas oublier, bien qu'il ne s'agisse pas d'huile essentielle, les extraist de millepertuis qui contiennent de l'hypéricine dont la macérat huileux.
1. à vérifier : contient des coumarines mais pas a priori de furocoumarines
2. non signalé par Franchomme qui signale une possibilités de
dermatoses d'irritation, contient des coumarines selon le chémotype
(scopolétine) mais s'agit-il d'une furocoumarine...
NB : il existe des huiles essentielles de zeste d'agrumes distillées, c'est le cas de l'huile essentielle de clémentine vendue par Aroma-zone, si elles ne présentent pas les mêmes risques de photosensibilisation elles ne présentent pas non plus les mêmes propriétés Ces huiles essentielles sont généralement considérés par les aromathérapeutes comme de moindre qualité au sens large.
En aucun cas, parce qu'un fournisseur indique que l'huile essentielle de clémentine zeste (distillée donc) qu'il vend n'est pas photosensibilisante, il faut élargir cette information à l'ensemble des huiles essentielles de clémentine zeste vendues qui sont pour la plupart produites par expression.
Lors de mes lectures, j'ai constaté qu'on mettait également en cause parfois les huiles essentielles de lavande et santal, mais j'ai l'impression qu'il s'agit plus de photo-allergie que de photosensibilisation.
J'ai également abordé ce thème, pour celles qui y sont inscrites sur le forum des Petites Magies ICI , une gentille fée a eu la gentillesse de traduire toutes les recommandations de l'IFRA (International Fragrance Association) sur ce thème. Depuis Venezia a également repris et synthétisé ces infos dans son article plus accessible à toutes ICI.
Même si je m'autorise quelques gouttes d'huiles essentielles de zeste d'agrumes pour une question purement olfactive, je reste volontairement bien en dessous des pourcentages indiqués par l'IFRA et j'ai choisi d'exclure définitivement la bergamote de mes préparations. J'évite également de les utiliser dans des produits destinés à être utiliser par grand soleil. Je préfère me restreindre et éliminer tout risque, ces tâches sont vraiment disgracieuses et on ne maîtrise pas les sensibilités propres à chaque individu.
J'insiste aussi sur le fait que plus petite est la quantité de produit préparé, plus il devient difficile de maîtriser l'exact pourcentage incorporé dans la préparation.
Dernière recommandation : les codigouttes et compte-gouttes n'ont pas tous le même débit et le poids d'une goutte est très variable, préférez les mesures en gramme avec une balance de précision.
Pensez également à préparer à l'avance une synergie dans un flacon dont vous prélèverez ensuite la quantité nécessaire...Il est plus facile de doser un pourcentage sur un flacon de 10ml d'huiles essentielles en synergie que sur quelques gouttes.
Webographie :
En français : Atlas dermato, Aromalves, Dermaptène
En anglais : NAHA, Evaluation of Phototoxic Properties of Fragrances, Marianne Placzek, Wolfgang Frömel, Bernadette Eberlein, Klaus-Peter Gilbert and Bernhard Przybila, Fiche sur la tagète sur Cropwatch, 117 pages sur les furocoumarines (Bon courage !) toujours sur Cropwatch
Source des images : citrus, panneau, bergaptène, compte-gouttes

27 novembre 2008
Index Ingrédients - Divers
- Les substitutions d'ingrédients
- Les végétaux interdits en cosmétique
- La conservation
- L'oxydation des huiles
- Les antioxydants
- La lutte contre les bactéries et champignons :Généralités, Les conservateurs 1 : alcool, benjoin, borax, glycérine, Les conservateurs 2 : l'extrait de pépins de pamplemousse
Source image : mortier

La lutte contre bactéries et champignons : Conservateur é - L'extrait de pépins de pamplemousse ou EPP
Commençons pas une « petite » interrogation...Valable pour l'ensemble des extraits végétaux :
Que contient votre extrait de pépin de pamplemousse ?
Si pour un teinture-mère les composants sont clairs : plante et alcool en proportion et en titrage variable...Pour un macérat glycériné pareil : plante, eau, alcool, glycérine, parfois sirop d'agave (pour le Gattilier par exemple)...Quand on aborde les « extraits végétaux », c'est la grande marmelade !
Ce qui est d'autant plus dommageable que dans la réglementation sur l'étiquettage des cosmétiques, il est parfaitement admis de faire figurer : « XXX extract » sans autre précision !
Si vous regardez l'INCI de certains extraits végétaux vendus comme ingrédients cosmétiques, par exemple chez Skincare Online ou chez NewdirectionsUK, vous vous apercevrez qu'un extrait végétal peut contenir par exemple :
Extrait d'algue Skincare Online : INCI: Glycine Soja, Ascophyllum Nodosum Extract
Extrait d'arnica Skincare Online : INCI: Aqua, Ethoxydi-, Propylene- und Butyleneglycol, Arnicae
Extrait d'euphraise Skincare Online : INCI: PEG-4, Euphrasia Officinalis Extract
Extrait de concombre Skincare Online : INCI: Propylene Glycol, Cucumis Sativus Fruit Extract
Vous noterez qu'en dehors des INCI du type de celle de l'extrait d'arnica où les composonts sont clairement énumérés, toutes les autres compositions comportent un extrait dont on ne connaît ni le mode d'obtention ni la composition propre (propre...ou sale d'ailleurs ! Lol).
Extrait
liquide de myrtille NewdirectionsUK : « Botanical Name:
Vaccinium myrtillus -
Plant Part: Berry (and sometimes also the
leaf) - Other chemical constituents: Hydro-alcoholic solvent for the
herb (Water; Ethanol); Potassium Sorbate (Natural preservative);
Xanthan Gum (natural gum stabilizer) and Citric Acid (pH
adjustment). »
Les descriptions de leurs autres « Liquid Herbal Extract (Cosmetic Grade) » sont toutes bâties sur le même modèle...
Dans la rubrique « Extracts, Healing & Medicinal Herbs », mystère et boule de gomme sur la composition et la méthode d'extraction des extraits présentés sous forme de poudre.
Et pour les extraits de fruits (liquides), un exemple avec la pomme : « Description/Specification : Apple Liquid Extract ». Nous voilà bien avancés !
J'ai pris l'exemple de ces deux fournisseurs mais surtout que cela ne leur porte pas préjudice à vos yeux, c'est pareil chez tous ! Je le répète, dès qu'on rentre dans le domaine des « extraits », tout devient brumeux, on trouve de tout et de n'importe quoi.
Mais pourquoi donc est ce que je vous parle de ce problème ? Oh, c'est simple... Pour les EPP, extraits de pépins de pamplemousse, GSE (Grapefruit Seeds Extract) en anglais, c'est pareil même !!!
Jugez
plutôt :
-
Citroplus
Bio (vendu comme complément alimentaire ) Composition
: Glycérine végétale, eau, extrait de pépins
de pamplemousse* (concentré à 33%), vitamine C (min. 3
g/100 ml).
*issu de l'agriculture biologique contrôlée
- EPP de Skincare Online (vendu comme euh...extrait ! ) : INCI: Propylene Glycol, Citrus Grandis Fruit Extract, Limonene
- Camden grey (vendu comme conservateur cosmétique) :Active Ingredients: Vitamin C (Ascorbic Acid):18.0%(max)[14% of Vitamin C is from the extract] - Grapefruit seed Extract: 38.0% - Inert Ingredients: Glycerine USP: 38.0% -Moisture (max): 3.0% -Dextrose: 3.0% . En plus là, j'ai un problème mathématique métaphysique dans le décompte des pourcentages !
- EPP Aroma-zone (vendu comme conservateur cosmétique) : Composition : 60% d'extrait de pépins de pamplemousse, 40% de glycérine (très concentré) - INCI : Citrus grandis (grapefruit) extract (Je rappelle que la composition en français n'a aucune valeur légale).
- Citricidal liquide : Grapefruit extractives: 60%, Vegetable glycerin USP: 40%
- Biocitrinol (vendu comme complément alimentaire) : glycérine végétale, eau, vitC (3g/100ml), extrait de pépins de pamplemousse issu agricculture bio (500mg/100ml bioflavonoïdes de pamplemousse).
Je pourrais continuer longtemps, vous l'avez compris, votre extrait de pamplemousse, vous ne savez pas ce qu'il y a dedans !!!
Il est issu des pépins du pamplemousse, fruit d'un arbre de la famille des rutacées dont le nom latin est Citrus paradisii. Mais comment est il extrait ? On ne le sait pas...
Tout au plus le fabriquant vous assure parfois qu'il n'y a pas dedans certains composants comme le benzethonium. C'est le cas du Biocitrinol par exemple.
Pourquoi cette précision sur le benzethonium ?
Parce que l'efficacité des extraits de pépins de pamplemousse a fait l'objet de plusieurs études dans différents pays et ces études ont démontré que la plupart des extraits étudiés contenaient des substances conservatrices telles que benzethonium chloride, triclosan ou même des parabènes et diverses autres substances.
Hélas ces mêmes études ont montré que les EPP ne comportant pas ce type de substance n'avaient pas d'effet anti-microbien !
Il faut ajouter que dans certains cas, ces conservateurs étaient présents dans des proportions dépassant largement les maxima autorisés, ce qui peut se révélé préoccupant particulièrement pour le benzethonium chloride, qui est déjà un fort allergène et qui peut être dangereux pour la cornée même en application extra-oculaires (Source).
Alors certes Citricidal donnent les résultats d'une étude démontrant que son produit est aussi actif qu'un mélange de le methyl-parabène mais que contiennent exactement les 60% de « Grapefruit extractives » ?
On sait juste que chimiquement on a affaire à un « Diphenol hydroxybenzene complex ».
Tiens moi je croyais que c'était les bioflavonoïdes qui étaient importants dans l'histoire ! (brochure Citricidal, fiche Nutriteam )
Pour
votre information, quelques liens en
anglais concernant l'EPP et ces diverses
études :
http://www.henriettesherbal.com/archives/best/2000/gse.html
http://en.wikipedia.org/wiki/Grapefruit_seed_extract
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10399191?dopt=Abstract
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12165190?dopt=Abstract
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16719494?dopt=Abstract
http://www.wellvet.com/grapefruitseedextracts.html (synthèse)
http://www.spectroscopynow.com/coi/cda/detail.cda?chId=4&id=13654&type=Feature&page=1
J'avais également une étude suisse qui portaient sur des EPP suisses et allemands et qui arrivait aux mêmes conclusions...Mais impossible de remettre la main dessus.
Alors me direz vous...Pourquoi est ce que j'utilise encore l'EPP ?
Parce qu'il y a tout de même de faibles voix qui s'élèvent pour dire que même un EPP dépourvu de conservateurs synthétiques aurait une activité antimicrobienne et antifongique certaine, certes plus faible que celle revendiquée par les préparations commerciales mais tout de même non négligeable . Voir une étude sérieuse ICI.
Malheureusement les taux nécessaires me semblent un peu élevés.
Donc on peut espérer avec un plus petit taux un effet synergique avec d'autres composants à effet conservateur (et puis certains diront que c'est l'éthanol qui fait ce effet ! ).
Et puis empiriquement...Ca marche ! Bon d'accord, rien ne me prouve que mon EPP ne contient pas un conservateur synthétique, je le reconnais.
Il y a aussi un point qui n'est pas éclairé pour moi : l'activité antifongique est très peu évoquée des les études « anti-EPP », or, j'ai l'impression que c'est surtout là dessus qu'il est efficace dans mes préparations.
La fois où j'ai totalement oublié de mettre de l'EPP, j'avais un joli bosquet de filaments champignonnesques dans ma crème dans la semaine qui suivait !
Et ne pas oublier que l'EPP a un effet anti-oxydant reconnu ! (Voi ICI)
Ne pas non plus oublier les effets thérapeutiques de l'EPP que je n'aborderais pas car ce n'est pas le sujet.
A ce propos, malgré tout un petit rappel, le pamplemousse a des interactions médicamenteuses reconnues, prudence donc dès lors que vous ingérer de l'EPP.
Vous trouverez plusieurs ouvrages sur les vertus de l'EPP. Source images : pamplemousse,
Alors
pour conclure, mon souhait ce serait un EPP dont l'INCI se
présenterait ainsi : Ethanol, Citrus paradisii (seed). On peut
rêver !!!
Source images : pamplemousse
Autres articles concernant la conservation :
- La conservation
- L'oxydation des huiles
- Les antioxydants
- La lutte contre les bactéries et champignons :Généralités, Les conservateurs 1 : alcool, benjoin, borax, glycérine

26 novembre 2008
La lutte contre bactéries et champignons : alcool, benjoin, glycérine
Je tarde avec ça, mais je n'arrête pas de découvrir et lire toutes sortes de textes qui ne me simplifie pas la tâche !
Alors on va y aller petit à petit !
Je vais tout d'abord aborder des substances qui ne sont pas classés comme conservateurs, en effet, il faut savoir que la législation européenne liste précisément 57 conservateurs autorisés dans les cosmétiques ( Directive 76/768, texte consolidé, Annexe 6, page 116 du document ). En dehors de cette liste, aucune substance ne peut se prévaloir du titre de « conservateur cosmétique ».
Par contre rien n'interdit, tant qu'il s'agit d'une substance autorisée par ailleurs, l'utilisation dans une formulation d'une substance ayant des propriétés antibactériennes ou antifongiques plus ou moins reconnues par la sphère scientifique.
Les cosmétiques qui n'utilisent aucun conservateur « officiel » sont préservés en général par les divers ingrédients présents dans leurs formulation, on les appelle en anglais « self preserved », auto-protégés.
Ne pas oublier que plus la phase aqueuse est restreinte, plus il est facile de protéger un produit de la contamination par les bactéries et les champignons.
Quels sont ses ingrédients ? Aujourd'hui...L'alcool, le benjoin et la glycérine.
Le
plus connu est l'alcool. Par alcool, il faut entendre ethanol, ou
alcool ethylique, le même que celui qu'on trouve dans les
boissons alcoolisées. Il existe d'autres alcools au sens
famille chimique du terme, comme par exemple l'alcool cétylique,
ne pas confondre.
L'alcool est utilisé en cosmétique comme solvant, en parfumerie par exemple, et pour ses propriétés antiseptiques. On l'utilise également pour son effet fraîcheur, dans les toniques, les après-rasage et autres produits rafraîchissants.
Il s'agit d'alcool issu de sucre de canne ou d'amidons (alcool de grains). Je n'ai pas réussi à clarifier un point précis, l'alcool utilisé en cosmétique « industrielle » doit-il ou non être dénaturé ? Si oui, s'interroger sur la nocivité pour la peau des substances utilisées pour le dénaturer.
En ce qui concerne les propriétés antiseptiques, pour avoir un effet minimum, l'éthanol doit être présent à 4% dans un cosmétique, pour que cet effet soit complet et que le cosmétique soit considéré comme protégé par l'alcool (« self-sterilizing »), il faut un poucentage minimum de 20%.
Attention sortez vos calculettes, car on parle bien là d'éthanol pur. Donc si vous utilisez une vodka à 40°C, vous ajouterez pour 10 ml de vodka, seulement 4ml d'ethanol... et 6ml d'eau...
L'alcool présent un inconvénient majeur qui est le dessèchement de la peau.
Ensuite je vous invite à lire la diatribe de Gaia Organics, il y a sans doute des éléments intéressants à y piocher mais c'est un site commercial qui défend la position retenue pour la fabrication de ses produits...Sans alcool bien sûr !
Deux marques sont connues pour leurs taux élevés d'alcool dans leurs produits, Weleda et Hauschka. Hauschka ne communique pas sur ce sujet, leurs produits sont « sans conservateurs » mais c'est tout. Weleda par contre donne clairement sa position ICI.
Les deux marques indiquent que l'alcool est intégré dans leurs formulations de manière à ne pas dessécher la peau.
En conclusion, l'alcool possède un pouvoir antiseptique mais sauf exception (toniques, après rasage, produits parfumants) ne peut être à lui seul le conservateur d'un produit compte tenu de la concentration minimum exigée et des effets desséchants pour la peau qui y sont liés. Il peut par contre contribuer à la conservation du produit en synergie avec d'autres composants.
Le
benjoin est une résine aromatique à l'odeur vanillée
extraite de plusieurs arbres de la famille des Styrax.
On fabrique à partir de cette résine une teinture, une huile essentielle et une absolue.
Si toutes ces formes ont la réputation d'avoir des propriétés antiseptiques, voir anti-oxydantes, je n'ai trouvé aucun texte scientifique validant et quantifiant ces propriétés.
L'acide benzoïque, qui lui est un conservateur officie peut être synthétisé à partir de la résine de benjoin mais pour autant ceux qui indique que la teinture de benjoin est un conservateur naturel n'ont ils pas l'extrapolation facile ?
De plus attention aux risques d'allergies !
Le benjoin et un sensibilisant avéré, je n'ai pu non plus trouvé de documentation exacte indiquant les doses à ne pas dépasser selon les différentes formes.
Lush lui prête de légères propriétés antiseptiques.
Conclusions : Le benjoin (teinture, huile essentielle ou absolue), s'il peut contribuer à une synergie antiseptique, ne peut être considéré comme un conservateur efficace. Il faut être prudent dans son usage suite aux risques de sensibilisation.
La glycérine :
U
ne
forte proportion de glycérine (15 à 20%) agit comme
conservateur.
Toutefois on tombe dans des pourcentages où le mélange final devient visqueux, collant et où l'effet humectant de la glycérine est susceptible de s'inverser.
Pas
réussi à voir si un plus faible pourcentage a tout de
même une action qui peut se cumuler, par exemple, à un
pourcentage d'alcool et d'autres conservateurs « imparfaits »
pour donner une synergie efficace sur le plan conservation.
Conclusions : Seule, ne peut servir de conservateur sans compromettre la qualité du produit. Peut-elle participer à une synergie de conservateurs ?
Sources :
Cosmetic Microbiology: A Practical Handbook - Page 167 de Daniel K. Brannan - 1997 - 323 pages
- http://books.google.fr/books?id=26rSwpklHZcC&pg=PA167&dq=preservative+alcohol
- http://www.aromamedical.com/articles/benzoin.html
- http://www.aussiesoapsupplies.com.au/Benzoin-Tincture-pr-415.html
- http://www.botanicalworks.com/NaturalPreservatives.htm
- "NATURAL PRESERVATIVES", Anthony C. Dweck, Cosmetics and Toiletries: August 2003
Sources des images : éthanol, benjoin, glycérine
Articles sur les conservation :
- La conservation
- L'oxydation des huiles
- Les antioxydants
- La lutte contre les bactéries et champignons :Généralités, Les conservateurs 1 : alcool, benjoin, borax, glycérine, Les conservateurs 2 : l'extrait de pépins de pamplemousse

04 novembre 2008
La lutte contre bactéries et champignons : Généralités
Un certain nombre de cosmétiques
manufacturés attirent le consommateur en quête du tout
naturel et surtout de l'inoffensif, avec la mention « sans
conservateurs », « Preservative free «
en anglais.
Qu'en est-il réellement ?
Deux possibilités...
Soit ce cosmétique a été
fabriqué en milieu stérile, avec des ingrédients
stériles et conditionné de même. Auquel cas, sauf
à proposer un conditionnement très spécifique,
flacon « airless », il sera hautement
contaminable dès son ouverture.
Soit il ne contient pas d'ingrédient officiellement reconnu comme un conservateur mais contient soit des ingrédients utilisés à un autre effet et ayant un rôle de conservateur (par exemple le benzyl benzoate considéré comme un solvant) ou plus rusé, un ingrédient lui même contenant un conservateur (par exemple un extrait de plante contenant du phenoxy-éthanol qui figurera dans l'INCI sous forme de « ... extract »).
Ah si une dernière possibilité qualifiée d'innovante par certains marques mais qui me laisse songeuse...La stérilisation UHT !
J'avoue que pour moi qui me décarcasse pour chauffer le moins possible mes ingrédients pour préserver leurs propriétés, cela me laisse dubitative...De plus, cela ne solutionne pas le problème de la contamination après ouverture.
Le pH des produits
On peut également noter que plus le pH d'un produit sera bas, meilleures seront ses chances de conservation. Une raison supplémentaire pour nous inciter à vérifier le pH de nos produits et éviter de leur faire dépasser un pH de 5 qui est tout à fait convenable pour respecter le pH naturel de la peau (faussement situé en général au delà).
Par contre, plus bas, le produit risque fort de se révéler trop agressif !
A l'inverse un très haut pH (supérieur à 9) est également un bon gage de non-développement des micro-organismes mais il est intolérable pour la peau. Par contre c'est ce qui explique partiellement (le taux de glycérine y est aussi pour quelque chose, nous en reparlerons) que les savons liquides n'ont pas besoin de conservateur.
L'hygiène
Si nous souhaitons fabriquer un produit
en lui donnant les meilleures chances de conservation, le premier
point à respecter concerne les conditions de fabrication, la
manière dont on prélèvera le produit et dont on
le conservera.
Il convient d'utiliser du matériel et des contenants "stérilisés" par tout moyen à votre convenance. Mais également de penser à désinfecter vos mains (savonnage et passage à l'alcool), et le plan de travail (produit nettoyant et passage à l'alcool).
Evitez de travailler dans une pièce humide propice aux moisissures. Si les joints de la fenêtre ont tendance à noircir, dites vous que des spores peuvent se trouver dans l'atmosphère de la pièce et donc contaminer votre préparation.
Précisions :
- La stérilisation est un processus spécifique qui, en réalité nous est peu accessible. Par exemple :
Stérilisation à la vapeur (autoclavage) signifie l'extinction et/ou l'inactivation irréversible de tous les microorganismes
susceptibles de se multiplier sous l'action de "vapeur saturée d'au
moins 120 °C" (DIN 58 946-1, 1987). Le temps d'action minimum suivant
(temps d'extinction + supplément de sécurité) est indiqué dans la norme
DIN EN 285 pour une température de stérilisation de 121 °C: te = 20
minutes." Source
En réalité, nous effectuons plus souvent une désinfection poussée.
- Il est intéressant d'utiliser des linges ou torchons fraîchement repassés à la vapeur et même, comme je l'ai vu faire stockés ensuite au four à basse température.
- L'alcool à 70° est bien plus efficace pour la désinfection que l'alcool à 90°C.
Pour prélever votre produit,
utiliser une spatule lavable que l'on pourra passer au lave
vaisselle, bien savonner ou passer à l'alcool, conserver cette
spatule dans une pochette ou dans une petite boîte...Si elle
traîne dans un tiroir ou sur le rebord du lavabo, aucun
intérêt, sauf à la désinfecter juste avant
usage. A défaut savonner vous soigneusement les mains, et
insistant sur le dessous des ongles, avant de prélever votre
produit.
Les flacons pompe ou autre conditionnement airless sont intéressants, Hélas bien souvent, ils restent dans le petit « bec » une petite quantité de produit non protégée qui va se retrouver sur la peau à l'application suivante, cela ne contaminera pas le produit restant à l'intérieur du flacon mais ne sera pas très bon pour votre peau. La solution ? Un coup de pompe « pour du beurre » au dessus du lavabo...Mais pas mal de produit perdu !
La conservation
Pour la conservation, pas mal de
personnes ne jurent que par le réfrigérateur.
Personnellement, je suis dubitative pour plusieurs raisons. Le
réfrigérateur est un milieu humide qui peut être
propice aux moisissures, ce n'est pas un milieu stérile...Pour
preuve, vos légumes qui peuvent moisir au réfrigérateur
! 
Ces moisissures peuvent se déposer à l'extérieur du contenant et plonger allègrement à l'intérieur à l'ouverture suivante.
Autre truc qui me chiffonne, rien de pire que les variations de température pour déclencher une prolifération de micro-organismes. Or, passer d'un réfrigérateur à une salle de bains toute chaude, quel beau choc thermique !
Alors conserver un gros pot en réserve
au réfrigérateur, remplir un plus petit pot qu'on
conservera à température ambiante en respectant le
maximum de conditions d'hygiène (essuyer l'extérieur du
pot à l'alcool, utiliser une spatule désinfectée,
des mains propres...), oui...Mais le pot qu'on va utiliser tous les
jours me semble bien mieux, en tous cas sous nos latitudes, à
température ambiante.
Attention ! La salle de bain subit elle aussi de fortes variations de température, de plus elle est humide et, dans de nombreux logements, également propice aux moisissures.
Le meilleur endroit me semble encore la chambre, pièce normalement à température constante, peu élevée et sans humidité spécifique. Remettez donc à la mode les coiffeuses de nos mères et grands-mères avec leurs petits tiroirs sombres !
En conclusion de ce premier volet et avant d'aborder les produits conservateurs, je tiens à attirer votre attention sur le fait qu'aucun conservateur n'est naturel dans le vrai sens du terme, en effet tous les produits que nous pourrons utiliser auront subi une transformation de la main de l'homme.
Les seuls conservateurs vraiment naturels, utilisés en alimentation sont le sucre (inutilisable au taux requis dans nos préparations) et le sel.
Le miel seul, se conserve très bien et très longtemps mais perd ses propriétés antibactériennes et antifongiques dès qu'on le dilue.
Rappel articles du blog sur le thème de la conservation :
- La conservation
- L'oxydation des huiles
- Les antioxydants
- La lutte contre les bactéries et champignons :Généralités, Les conservateurs 1 : alcool, benjoin, borax, glycérine
Source des images : bactérie, flacons airless, papier pH, lavage mains, coiffeuse, réfrigérateur
Sources
Mademoiselle Bio, Naturalingrédient, Preservative-free and Self-preserving Cosmetics and Drugs De Jon J. Kabara, Donald S. Orth, Source: International Journal of Cosmetic Science, Volume 28, Number 5, October 2006 , pp. 359-370(12)

02 novembre 2008
Les anti-oxydants
Petit panorama des anti-oxydants à notre disposition...
Pour des informations sur l'oxydation et ses conséquences, voir ICI.![]()
La
vitamine E : il s'agit de tocophérols, naturels ou
synthétiques, mais attention, il n'existe pas UN tocophérol
mais plusieurs...Alpha, béta, delta, gamma...Je crois que
c'est tout.
Bien que l'alpha tocophérol ai joui d'une grande
popularité, dans la lutte contre l'oxydation, ce sont les
formes gamma et delta qui sont à privilégier dans nos pots et flacons, alors
que pour l'apport vitaminique, c'est la forme alpha qui est
préférable. De plus, les capsules vendues pour
l'apport vitaminique ont des dosages très variables. De ce
fait, il vaut mieux se procurer de la vitamine E spécifique
pour usage cosmétique et l'utiliser selon le pourcentage
indiqué par le fournisseur car sa concentration peut varier
(en général 0.2%, soit environ 5
gouttes pour 100 ml).
Idéalement vérifiez auprès de votre fournisseur que ce n'est pas uniquement des tocophérols alpha.
Par exemple ICI, on a un mélange de tous, ICI, c'est de l'alpha, bon pour la peau, pas pour les produits, ICI (en bas), il est bien précisé que le produit a un taux bas en alpha.
La
vitamine E est un antio-xydant primaire, elle s'oxyde à la
place des acides gras, sans produire de composés toxiques.

L'extrait
CO2 de romarin, ou oléorésine de romarin : plus ou
moins vert, plus ou moins odorant, plus ou moins fluide (enfin
surtout épais d'ailleurs). Efficace mais à assortir
avec l'aspect olfactif de votre préparation. Convient bien
lorsqu'on a des ingrédients parfumés de ce que
j'appelle le type « provençal ». Cet
extrait agit grâce à sa richesse en molécules
phénolique qui provoque une rupture de la chaîne de
propagation de l'oxydation. C'est un anti-oxydant secondaire.
Pour les produits
communément disponibles, il est employé
à 0.02%-0.1% dans les gras saturés et à
0.2-0.4% dans les gras poly insaturés, il peut être
utilisé dans les produits à base d’eau et huile.
Vu
les pourcentages utilisés, vous noterez l'importance d'une
balance de précision !
D'autres
substances naturelles sont susceptibles d'agir selon le même
mode que l'extrait de romarin : extrait de thé vert, extrait
de raisin, extrait de feuille d'olivier, diverses huiles
essentielles (thym, carvi, cumin, clou de girofle, romarin, sauge).
Mais leur usage est moins cadré. On trouve des mélanges d'extrait de plantes sur certains sites comme le TSD Antioxidant Compound, ICI, ou ICI.La distinction n'est pas faite entre activité anti-oxydante pour la peau, ou pour la conservation des produits.
Le
palmitate d'ascorbyle : A ma connaissance, on ne le trouve pas isolé
en vente au particulier, chez les habituels fournisseurs
d'ingrédients cosmétiques en tous cas, mais par contre
il fait partie des ingrédients de l'Antiranz, un complexe
anti-oxydant vendu par exemple par Skincare Online (Allemagne, possibilité
de frais de port réduit pour envoi de moins de 300g) ou
de l'Oxynex K de « The personal Formulator ».
C'est
l'acide ascorbique, dont l'activité antioxydante s'exerce à
la fois comme capteur d'oxygène (anti-oxydant primaire) : pas d'oxygène, pas d'oxydation), et
comme antioxydant de rupture de chaîne (antioxydant
secondaire : la propagation de la réaction est stoppée) qui est la partie active de l'histoire...Mais il n'est
soluble que dans l'eau ! D'où son utilisation sous cette
forme combinée à l'acide palmitique par
estérification.
Une
bonne raison de ne pas utiliser le palmitate d'ascorbyle pur mais
dans un complexe acheté « tout prêt »
: son dosage est de 0,01 à 0,05 %...Vous imaginez ce que cela
donnerait à l'échelle de nos préparations !
![]()
La
lécithine...et une autre bonne raison de ne pas utiliser le
palmitate d'ascorbyle seul :
Le palmitate d'ascorbyle et les tocophérols ont une meilleure activité anti-oxydante lorsqu'ils sont utilisés en synergie. Selon les sources, il est dit que la lécithine n'a pas d'activité anti-oxydante propre...Ou le contraire !
Dans tous les cas, la lécithine (composée de phospholipides, issue principalement du soja mais aussi du tournesol ou d'origine animale -oeufs-) améliore considérablement le pouvoir anti-oxydant d'un mélange tocophérols/palmitate d'ascorbyle. L'antiranz déjà cité en contient.
Un
autre mélange synergique (ça se dit ça ?) en
contenant est l'AOX-Cos, cher à Venezia, que l'on peut se
procurer de manière ponctuelle (et coûteuse, droit
de dépotage et manipulations exceptionnelles obligent)
auprès de Copaiba qui rend service ainsi , selon son
expression, aux « touilleuses maison »...
- Le coenzymeQ ou ubiquinone : Voir ICI : « Nous
avons trouvé de manière tout à fait inattendue
que l'ubiquinone sous sa forme quinone, exerçait une activité
antioxydante notable dans les produits alimentaires, cosmétiques
ou pharmaceutiques contenant des lipides, en particulier des huiles
riches en acides gras polyinsaturés. »
- L'extrait de pépins de pamplemousse (EPP) : Il a, en plus des pouvoirs antibactériens et antifongiques (qui d'ailleurs lui sont discutés, nous en reparlerons), une activité anti-oxydante : Antioxidant activity of grapefruit seed extract on vegetable oils
Voilà je crois que j'ai fait le tour... Si vous connaissez d'autres pistes. Merci de mes les signaler en commentaire !
Pour terminer, des petites astuces : Pensez à ajouter dès l'achat de la vitamine E ou un complexe anti-oxydant dans vos huiles fragiles. Et, lorsque vous confectionnez un produit, ajoutez votre vitamine E, pour la proportion concernée, aux huiles qui chauffent, avant de les chauffer et non en 3ème phase.
Sources :
- http://www.scc-quebec.org/archives/AntiOxydant4textes.pdf
- http://www.freepatentsonline.com/EP0326829.html
- http://www.john-libbey-eurotext.fr/en/revues/agro_biotech/ocl/e-docs/00/04/0D/03/article.md?type=text.html
Source des images : vitamine E, romarin, lécithine,*
Rappel articles du blog sur le thème de la conservation :
- La conservation
- L'oxydation des huiles
- Les antioxydants
- La lutte contre les bactéries et champignons :Généralités, Les conservateurs 1 : alcool, benjoin, borax, glycérine, Les conservateurs 2 : l'extrait de pépins de pamplemousse

01 novembre 2008
L'oxydation des huiles
L'oxydation des lipides est une altération chimique entraînant la formation de peroxydes et d'hydroperoxydes puis la libération de petites molécules de type aldéhyde et cétone. Elle provient de l'effet de l'oxygène de l'air sur les doubles liaisons des acides gras insaturés.
Il s'agit d'une réaction en chaîne complexe, évolutive et irréversible.
Le phénomène est incontournable dès que le corps gras est isolé de son « milieu naturel » (cellules oléifères pour les graisses et huiles végétales, adipocytes pour les corps gras animaux).
Ces
altérations se traduisent sur le plan organoleptique par une
modification de l'odeur, du goût et même de la couleur :
apparition d'une odeur de rance , d'un goût métallique,
d'un goût de « suiffage », blanchiment de
l'huile (oxydation des carotènes, pigments oranges).
Les
facteurs déclenchants ou aggravants de l'oxydation sont :
* L'aération
par renouvellement de l'oxygène disponible (ouverture des
flacons ou pots).
* La
lumière (les ultra violets), d'où l'intérêt
des contenants opaques et de la conservation dans un lieu sombre.
* La
température, d'où l'intérêt de conserver
au réfrigérateur les huiles fragiles et de ne pas les
* chauffer lors de la confection d'un cosmétique. (Voir "Ca
chauffe, ça chauffe pas?")
* La
présence de certains métaux (fer et cuivre), donc
veillez à la qualité de vos contenants.
* La
présence de certains photosensibilisateurs (chlorophylle,
certains colorants, certaines vitamines).
* Et bien
entendu des facteurs propres à chaque huile : composition en
acides gras (plus il y aura de liaisons insaturées, plus
fragile sera l'huile), présence de composés
anti-oxydants (tocophérols, phytostérols, etc.),
présence d'acides gras libres.
On connaît mal les effets des composés issus de l'oxydation des corps gras chez l'homme, toutefois les études sur l'animal (oui je sais...membres d'One Voice ne pas crier SVP, les études sont faites, autant exploiter leurs résultats...) donnent d'affreuses choses en test de toxicité aigüe (perte de poids, retard de croissance, tumeurs, etc.).
Par exemple, les aldéhydes ont des effets cytotoxiques et mutagènes.
Même si, bien entendu, un contact externe dans des cosmétiques ne conduira pas directement et immédiatement à ces effets, cela prouve bien que les produits d'oxydation, c'est pas glop du tout et qu'ils doivent absolument être évités.
"On" (qui se reconnaîtra ! lol) me fait remarquer de préciser qu'une huile oxydée est particulièrement comédogène. Effectivement, les points noirs sont provoqués par l'accumulation de matières dans un pore dilaté, matières qui s'oxydent et noircissent...Donc forcément si on étale une huile déjà oxydée dessus...
Quelque part, mieux vaut ne rien mettre sur sa peau qu'une huile oxydée !
Sources :
- http://www.iterg.com/Qu-est-ce-que-l-oxydation-des
- http://www.la-cuisine-collective.fr/dossier/haccp/articles.asp?id=49
- http://www.john-libbey-eurotext.fr/en/revues/agro_biotech/ocl/e-docs/00/04/0D/03/article.md?type=text.html
- http://www.iterg.com/IMG/pdf/OXYDATION_colloque_silliker_dec_2006_ARC_v3_-14.pdf
Source des images : Huiles, ça pue !
Rappel articles du blog sur le thème de la conservation :
- La conservation
- L'oxydation des huiles
- Les antioxydants
- La lutte contre les bactéries et champignons :Généralités, Les conservateurs 1 : alcool, benjoin, borax, glycérine, Les conservateurs 2 : l'extrait de pépins de pamplemousse

La conservation
Sujet préoccupant s'il en est...
Déjà une distinction de taille. Il y a deux problématiques dans la conservation de nos produits faits maison, la prolifération des bactéries et des champignons d'une part et l'oxydation d'autre part.
Pour que le risque existe dans le premier cas (bactéries et champignons), il faut qu'il y ai nécessairement « à boire et à manger » pour ces micro-organismes...Donc des substances nutritives (mais ça il ne leur faut pas grand chose) et surtout de l'eau !
Il est donc inutile de mettre un conservateur pour ce problème dans un baume totalement gras...Même si on y trempe ses doigts (pas bien !) et qu'on y apporte des « microbes », ils ne pourront se développer.
Par
contre dès qu'on introduit autre chose que du gras (huiles,
beurres, cires) ou des huiles essentielles ou extraits CO2, tels que
par exemple, de l'amidon (qui peut attirer l'humidité ou
n'être lui même pas parfaitement sec) -arrow root, riz,
maïs...-, des extraits aromatiques (sucrés et alcoolisés,
l'alcool n'étant pas pur mais contenant de l'eau...), il
convient d'ajouter au moins de l'extrait de pépin de
pamplemousse (EPP).
Inversement, a priori inutile d'utiliser un anti-oxydant dans une lotion purement aqueuse !
Mais
là, limite c'est moins inutile car tout s'oxyde plus ou moins
et les produits de dégradation par oxydation (les fameux
radicaux libres) ne sont jamais très sympathiques. Par contre,
vous vous heurterez à une autre problématique, la
vitamine E n'est pas soluble dans l'eau ! Donc cela fera des yeux sur
le potage !!!
Je commence donc une série d'articles sur le thème (oui je sais, je dois finir celle sur les tensioactifs, je n'oublie pas mais c'est le souk dans les tensioactifs non ioniques...lol) :
Rappel articles du blog sur le thème de la conservation :
- La conservation
- L'oxydation des huiles
- Les antioxydants
- La lutte contre les bactéries et champignons :Généralités, Les conservateurs 1 : alcool, benjoin, borax, glycérine, Les conservateurs 2 : l'extrait de pépins de pamplemousse

23 août 2008
Les végétaux interdits en cosmétique
On peut consulter sur le net sous forme d'un fichier .pdf la DIRECTIVE DU CONSEIL du 27 juillet 1976 concernant le rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques (76/768/CEE) (JO L 262 du 27.9.1976, p. 169)Texte consolidé (ICI)
Très riche en informations, ce texte comporte dans ces premières pages la LISTE DES SUBSTANCES QUI NE PEUVENT ENTRER DANS LA COMPOSITION DES PRODUITS COSMÉTIQUES
J'ai isolé de cette liste qui comporte 451 entrées dont bon nombre de composés chimiques tout ce qui concerne les végétaux. Nous retrouvons tous les grands classiques toxiques : aconit, datura, digitale, belladonne, etc. ainsi que quelques exotiques et des plantes ou extraits à l'allure plus inoffensive.
Ainsi,
en 291, l'eau distillée de laurier cerise vient nous rappeler
que les hydrolats ne sont pas tout aussi inoffensifs qu'on pourrait
le penser. Le laurier cerise, Prunus lauroceracus, figure au tableau C
des pharmaciens, son hydrolat est utilisé dans un sirop contre
la toux, à dose limitée et contrôlée mais
pas question de l'incorporer dans nos cosmétiques malgré
son doux nom tentateur.
En 359, on trouve l'huile de graines de laurier noble, Laurus nobilis... Là, interrogation... S'agit il de l'huile de laurier qui sert à la préparation du savon d'Alep, ainsi qu'en dermatologie vétérinaire ? Ou bien y a t il un subtil distinguo entre huile de graines et huile de baies ?
Je ne sais pourquoi, mais j'imagine mal qu'on presse les baies après les avoir débarrassées de leurs graines. Donc, par précautions, même si une marque commerciale propose des cosmétiques à l'huile grasse de laurier, je m'abstiendrais de l'utiliser autrement qu'en savonnerie.
Ne pas confondre cette huile grasse de laurier avec l'huile essentielle issue de la même plante qui rend de grands services d'un point de vue thérapeutique. Toutefois, pour celle-ci également, même si je l'ai déjà vu conseillée dans les soins de la peau, je préfère l'éviter dans les cosmétiques car elle est potentiellement allergisante (par sensibilisation) pour la peau.
J'ai également inclus en 358, 360 et 451 les furoucoumarines, le safrol et le methyleugénol qui sont présents dans certaines huiles essentielles et dont la teneur est à contrôler dans les cosmétiques, je vous laisse le soin de vérifier la composition des vos huiles essentielles et d'utiliser votre calculette.
Je suis un peu perplexe devant les entrées 423 à 450 qui concerne des substances « en cas d'utilisation comme ingrédient de parfum ». Est ce à dire que si elles sont utilisées dans la formulation du produit dans un autre but elles sont autorisées ?
A
ce propos, la présence en 450 de l'huile de verveine, Lippia
citriodora, m'incite à
croire que bien des parfums ou produits parfumés « à
la verveine » le sont avec un succédané comme la
litsée citronnée, Litsea citrata, également
appelée verveine exotique, voir une des huiles essentielles de
la famille des citronnelles.
Petit clin d'oeil, qui ne concerne pas un végétal, en 416 figurent les « Cellules, tissus ou produits d'origine humaine ». Si cela nous garantit l'exclusion de nos cosmétiques des cellules de placenta humain et autres extraits embryonnaire,s cela met également hors la loi celles qui voudraient inclure dans leurs savons ou leurs crème...Du lait maternel !
Assez
de commentaires, voici cette liste...presque à la Prévert
! J'ai ajouté les noms vernaculaires (noms communs) à chaque entrée.
11. Aconitum napellus L. (feuilles, racines et préparat ions) Aconit napel
13. Adonis vernalis L. et ses préparations Adonis du printemps
15. Alcaloïdes des Rauwolfia serpentina et leurs sels Rauwolfia, Sarpagandha de l'Inde, Peau de Cobra
35. Ammi majus L. et ses préparations Amni élevé, amni inodore
41. Apocynum cannabinum L. et ses préparation Apocyn(e) chanvrin
44.
Atropa belladonna L. et ses préparations Belladone
76. Chenopodium ambrosioïdes L. (essence) Chénopode Fausse-Ambroisie ou Ansérine vermifuge
98. Claviceps purpurea Tul., ses alcaloïdes et ses préparations Ergot de seigle
99. Conium maculatum L. (fruit, poudre et préparations) Cigüe
104. Colchicum autumnale L. et ses préparations Colchique
106. Anamirta Cocculus L. (fruits) Coque du levant
107. Croton Tiglium L. (huile) Croton cathartique
134. Digitaline et tous les hétérosides de la digitale
211. Hyoscyamus niger L. (feuille, semence, poudre et préparations) Jusquiame noire
215. Ipéca Uragoga ipecacuanha Baill. Et espèces apparentées (racines et leurs
préparations) Ipéca
218.
Lobelia inflata L. et préparat ions Lobélie
281. Physostigma Venenosum Balf. Fève de Calabar
291. Prunus laurocerasus L. (eau distillée de laurier-cerise)
294. Juniperus sabina L. (feuilles, huile essentielle et préparations) Genevrier sabine
298. Solanum nigrum L. et ses préparations Morelle noire
301. Datura stramonium L. et ses préparations Datura
303. Strophanthus (espèces) et leurs préparations Strophantus
305. Strychnos (espèces) et leurs préparations (exemple : la noix vomique, Strychnos nux vomica)
311. Pilocarpus Jaborandi Holmes et ses préparations Jaborandi
318.
Glucosides de Thevitia neriifolia Juss Laurier
jaune
330. Urginea Scilla Stern et ses préparations Scille blanche
332. Schoenocaulon officinale Lind., ses semences et préparations Sabadille
333. Veratrum Spp. et leurs préparations (exemple : Veratrum albim, vérâtre blanc ou hellébore blanc)
345. Pyrethrum album L. et ses préparations Espèce de pyrèthre
358. Furocoumarines [dont trioxysalen(*), méthoxy-8 psoralène, méthoxy-5
psoralène] sauf teneurs normales dont les essences naturelles utilisées.
Dans les crèmes solaires et les produits bronzants, les furocoumarines
doivent être en quantité inférieure à 1 mg/kg
359. Huile de graines de Laurus nobilis L. Laurier noble
360. Safrol sauf teneurs normales dans les huiles naturelles utilisées et à la
condition que la concentration ne dépasse pas:
100 ppm dans le produitfini,
50 ppm dans les produits pour soins dentaires et buccaux, à condition que
le safrol ne soit pas présent dans les dentifrices destinés spécialement aux
enfants
365. Acide aristolochique et ses sels, Aristolochia spp. etleurs préparations Aristoloches
374. Phytolacca spp. etleurs préparations Phytolaques
423. Racine d'aunée (Inula helenium) (no CAS 97676-35-2), en cas d'utilisation
comme ingrédient de parfum Grande aunée
425. Alcool de cyclamen (no CAS 4756-19-8), en cas d'utilisation comme ingrédient de
parfum
436.
Absolue de feuilles de figuier (Ficus carica) (no CAS
68916-52-9), en cas
d'utilisation comme ingrédient de parfum
450. Huile de verbena (Lippia citriodora Kunth.) (no CAS 8024-12-2), en cas
d'utilisation comme ingrédient de parfum Verveine odorante
451. Méthyleugénol (CAS no 93-15-2), sauf présence normale dans
les essences naturelles utilisées et sous réserve que la concentration
n'excède pas:
a) 0,01 % dans les parfums fins
b) 0,004 % dans les eaux de toilette
c) 0,002 % dans les crèmes parfumées
d) 0,001 % dans les produits à rincer
e) 0,0002 % dans les autres produits sans rinçage et les produits d'hygiène
buccale
Source des images : Laurier cerise, verveine citronnée, laurier jaune, figuier



